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05 Oct

Et ça continue, encore et encore...

Publié par Gracianne

Ne croyez pas que ce silence est signe d'abandon du sujet qui me passionne. Je suis toujours dans l'écriture de mes nouvelles (mais hélas, je me bats contre le temps, ennemi perpétuel !). J'avance à pas de fourmi. Sinon je bouquine toujours du Traven (vais être incollable sur le sujet, vraiment…) et là, j'ai attaqué le bouquin d'entretiens entre Yvan Le Bot et le Sous-Commandant Marcos, intitulé "Le rêve zapatiste", avant de recevoir (aujourd'hui normalement…) le tout nouveau bouquin de Le Bot justement sur la condition indienne de nos jours. Vous raconterai. Je maintiens tout de même une "addiction" de base au sujet, et le souhait de comprendre à fond les tenants et aboutissants d'une révolte indienne, toujours possible, j'en demeure persuadée. Bon, d'accord, ma bibliothèque commence à ressembler à celle d'une parfaite révolutionnaire mexicaine, mais n'ayez crainte, je n'envisage pas tout de suite de prendre les armes, et si cela arrivait, vous en seriez les premiers informés.

 

Sinon, au programme des mois à venir, deux visites d'expos absolument incontournables : Teotihuacan et les Aztèques, actuellement au Musée du Quai Branly. Et très vite aussi, un week-end à Londres pour aller voir l'expo consacrée à Moctezuma (je n'ai pas fini de râler, vu déjà l'intitulé : "Moctezuma, l'empereur déchu" !). Mais la tentation de voir les codex de l'époque est trop forte.

 

Hormis cela, c'était, la semaine passée, le festival d'Amérique Latine à Biarritz. J'ai refusé d'y aller, considérant que la présence de Lio au jury était une infamie en soi ! Mais avec Sophie et Jean, nous sommes allés voir samedi soir la diffusion au cinéma de "La Vida Loca", ou l'immersion dans le Gang 18 du Salvador. Comme c'était en V.O., j'ai eu le plaisir d'entendre l'accent traînant si envoutant de mon Mexique chéri et les petites phrases habituelles, démarrant par "Ahorita" ou "De repente…" mais sinon, autre lieu, autres mœurs et tant mieux ! Le documentaire est comme un flash, une photo du moment, une analyse de l'instant. Cela m'a beaucoup marquée, surtout lorsqu'on sait que le réalisateur, Christian Poveda, a été assassiné peu après par les mêmes membres du Gang 18 qui l'avaient laissé s'introduire parmi eux. A voir si vous le pouvez… Mais ayez les tripes bien accrochées, parce que ça déménage !

 

Il est probable que je reparte très vite "chez moi", parce que le manque est déjà grand, et j'ai envie d'aller voir là-bas comment tout évolue. J'aimerais aussi papoter un peu avec Luz-Elena de notre journal sur place qui, paraît-il, prend belle tournure. Je suis vraiment très contente de ce projet. Et puis, il y a le souhait du voyage au Chiapas qui, mes lectures aidant, et ma "brunitude" étant bien en cours, se précise nettement. En outre, la voiture nous attend sur place, et il me tarde de l'étrenner. Sans compter que, pour écrire, je suis vraiment mieux là-bas, dans l'ambiance. Bref, des prétextes à la pelle qui expliquent ou justifient mon souhait de repartir très vite. Avec le temps, mes retours ici sont de plus en plus douloureux. Hormis mes parents, point d'ancrage absolu, je souffre de l'éloignement et ne me retrouve "moi" qu'au Mexique. J'ai du mal à me faire à la France, à sa mentalité, à ses personnes. C'est assez douloureux intérieurement. Et assez difficile à partager avec l'extérieur. Mais le constat est là, à chaque retour, je suis plus inadaptée à la vie française, à ses logiques, à ses contraintes. Si j'analyse mes journées – hors boulot et hors contingences "normales -, je ne quitte jamais vraiment le Mexique : je lis Mexique, je pense Mexique et rêve Mexique. Et prends mal tout ce qui m'en éloigne, d'où certains agacements quand je suis obligée de composer avec l'existence française. Ok, je le concède, tout cela est bigrement compliqué. Et sur le fond, pas très grave, car je sais que le plus gros est fait : que j'ai posé les bases de ma vie là-bas. C'était bien le plus important, somme toute… Après, il n'y a plus qu'à…

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gracianne 05/10/2009 17:27


Vous avez effectivement, et comme d'habitude, tout parfaitement compris et résumé, Christine. Ca me fait un plaisir de vous lire ici. J'ai l'impression de revenir quelques années en arrière
(rires)... A très bientôt j'espère. Merci de votre incroyable fidélité et oserais-je dire, amitié...


Christine 05/10/2009 16:31


Et bien pour une déclaration c'est une déclaration ! et puis on sent tellement de choses derrière ces quelques lignes... je retiendrais le plus important (je crois) : vous avez trouvé votre
"essentiel" là-bas, au Mexique ; et ça c'est formidable, j'en suis sincèrement contente pour vous.
Bien à vous
Christine


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