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15 Jul

Livres : "L'ultime secret de Frida K."

Publié par Gracianne  - Catégories :  #Livres et auteurs

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Ma soeur a trouvé ce bouquin, format poche, dans un centre culturel de Cahors, et décidé de me l'offrir, dépitée à l'avance, pensant que "forcément", je l'avais déjà lu ! Eh bien non ! Je ne connaissais pas "L'ultime secret de Frida K.", et encore moins son auteur, Gregorio León. D'emblée, ça part bien, une "Catrina" (la Santa Muerte) en couverture, le nom de Frida, et une quatrième de couv' alléchante : "L'ange de la mort plane sur Mexico. La Santa Muerte, patronne des bas-fonds, est partout - même tatouée sur le sein gauche de stripteaseuses assassinées. En plongeant dans les arcanes de ce culte morbide, le policier Machuca ignore encore quel lien unit ces crimes au mystérieux tableau récemment volé : un autoportrait inconnu de Frida Kahlo dédié à son amant Léon Trotski. Une toile qui pourrait bien avoir tué ce dernier et qui poursuit aujourd'hui son sanglant parcours..."

D'emblée aussi, l'auteur prend ses précautions, annonçant qu'il s'est permis quelques libertés avec "l'histoire" et la réalité, et citant la phrase de Mario Vargas Llosa : "Le roman doit être infidèle à l'Histoire". De fait, dans la réalité, la liaison de Frida et de Trotski a été plus que brève et n'a servi que de prétexte à vengeance sur ce coureur de Diego Rivera (l'ignoble avait couché avec la soeur de Frida, Cristina). Point qui est très bien rappelé dans le livre, justement. Certains jurent même que Frida et Trotski ne se sont vus que trois fois en tout et pour tout, et que leur liaison fut essentiellement épistolaire. Mais là n'est pas le propos. L'auteur, un espagnol natif de Murcia (où il anime une émission littéraire sur la radio Onda depuis de nombreuses années), s'en donne à coeur joie et mêle tous les sujets chers aux amoureux du Mexique contemporain, dans un thriller palpitant et baroque.  

Après, la méchante critique qui dort en moi s'éveille bien vite (et je m'en veux, si vous saviez ce que je m'en veux ! Mais rien à faire...) et je trouve le sujet traité de façon opportuniste et un peu superficielle. Une vague impression de "pioche allègre" dans Internet (On ne dira jamais assez le mal qu'a fait Wikipédia au travail littéraire) ou le film de Julia Taymor (Frida), et quelques vagues"rumeurs", comme celle notamment incriminant Diego dans l'assassinat de Trotsky, arguant qu'il aurait agi par vengeance en apprenant sa liaison avec Frida, un sujet qu'adorent les adeptes de bobards en tous genres sur la toile). Toutefois, la réflexion autour de l'approche de la religion au Mexique, entre culte de la Santa Muerte et catholicisme est assez bien vue. Tout comme d'ailleurs les relations tumultueuses de Diego avec la IV Internationale. Cela ne suffit pas à mon sens à en faire un livre passionnant, et les redites sont trop nombreuses.   

Mais bon, j'essaie de me soigner, et suis certaine que quelqu'un qui a une vision "neuve" de ce pays et de l'artiste Frida Kahlo, saura se faire embarquer par l'histoire, toutefois bien menée. Ce qui me titille, c'est qu'à ainsi mêler le vrai et le faux, l'auteur oublie que son lectorat n'est pas constitué que d'érudits avertis, et qu'il va semer la mauvaise graine de la culture dévoyée, ou du moins inexacte.

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L'auteur, Gregorio Leon

Je regrette un peu que le livre, au final, soit un amas de "clichés" communs sur le Mexique, les narcos, la Santa Muerte, les flics corrompus, les curaillons pourris, Frida et ses mensonges, Diego et ses conquêtes, Trotsky et son hébergement à la "casa azul", quelques "tacos al pastor" ou du "mole", pas mal de tequila, toute la sauce (pas forcément piquante !) mexicaine classique. Dommage.

Mais MERCI frangine ! Jolie surprise... 

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Domi 16/07/2013 17:39

tu n'as plus le plaisir innocent , mais avoue que c'est un plaisir quand même, bisous
PS : au moins pour ton lecteur

Gracianne 16/07/2013 17:53



le propre de la vieillesse ? Ne plus avoir "le plaisir innocent", rires !



Christine 16/07/2013 08:01

Pas "bonne critique" non non, EXCELLENTE critique !!! ;-)

Un oeil aiguisé qui en a fait trembler plus d'un de soi-disant grand écrivain quand elle nous délectait de ses diatribes sur la toile !!!!!!!!

Gracianne 16/07/2013 09:28



Ah mes grandes "amitiés" avec monsieur Bohringer en ont pris un sacré coup au moral, rires !!!! c'était le bon vieux temps !!! hihihihi



D Arnaud 16/07/2013 05:19

Quelle bonne critique littéraire tu fais, chère Gracianne !

Gracianne 16/07/2013 09:27



Peut-être, cher Domi, mais hélas, cela nuit beaucoup au plaisir de la lecture. Je traque les tournures, les faits, et c'est une vraie maladie. Difficile pour moi de conserver le plaisir innocent
de la lecture intact dans ces conditions. Et j'aimerais bien me débarasser de ce "vice", rires !



Christine 15/07/2013 08:19

Quel plaisir, mais quel plaisir bon sang de savourer tes critiques !!!!!!!!!!!! :-)
Je rajoute dans mon carnet ce livre pour me laisser embarquer QUE d'un oeil, l'autre restant vigilant puisqu'averti ;-)
Merciii !!!!

Gracianne 15/07/2013 12:54



j'ai souri ce matin en voyant que "ma programmation" avait bien fait les choses et avait répondu "instinctivement" à ta réclamation de critiques de livres. Nous sommes décidément très "en phase"
toi et moi... rires ;-)



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