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16 Oct

Mexique, j'arrriveeeeeee...

Publié par Gracianne

Soyons honnêtes, je me suis attaquée à un boulot titanesque et je ne sais pas encore si j'en verrai le bout un jour. Il y a, d'un côté, mon petit bouquin de "nouvelles indiennes" qui avance à pas de velours (litote servant à dire que je ne m'y colle pas beaucoup, et que ça rame sévère), un bouquin que je dois écrire pour mon boulot français (sérieux) et cet ouvrage biblique, colossal que j'ai entamé sur l'"Indianité mexicaine". Et c'est là que le bât blesse. Parce que, lorsque vous collez un doigt dans ce truc-là, c'est vite le bras qui est aspiré, voire le reste… Je me cogne la traduction d'un essai de Federico Navarrete Linares écrit pour le gouvernement mexicain et intitulé "Los pueblos indigenas de México", en même temps que j'épluche les bouquins de Yvon Le Bot, et chaque donnée en appelle une autre. Rassurons-nous, ça n'intéressera jamais personne en France, mais bon… Si, depuis le temps, j'écrivais en vue d'être publiée forcément, a) je n'écrirais jamais rien, b) je n'aurais pas tous ces manuscrits qui dorment dans mon disque dur, c) je ne ferais que du boulot de commande et ça, j'ai déjà donné, merci bien ! Là, je sens bien que je me dirige vers un copieux 500 pages ! C'est du tout moi, ça. Mais en même temps, si vous saviez ce que ça me passionne ! Pour être parfaitement honnête, c'est tout le reste autour qui m'emmerde, et je passerais volontiers mes journées à bosser uniquement sur ce sujet…

 

Du coup, c'est décidé : je me barre. Avec la ferme volonté de "gratter" un max. Et ce, dès la semaine prochaine ! Il y aura une nuit à Mexico pour cause de problème d'avion (comme je veux m'occuper de mon papa avant de partir, je dois attendre le samedi matin pour filer, et résultat, je ne chope pas ma correspondance habituelle pour Huatulco, grrr). Mais il y a pire qu'une nuit au D.F., non ? A vrai dire, j'ai reçu un mail de Luz Elena (la fille qui fait le journal à Puerto Angel, que je traduis en français), et elle me dit que les mois de septembre et octobre ont été dramatiques, d'un point de vue touristique. Déjà que notre région n'était pas supra fréquentée, avec la grippe H1N1, ça a fini de plomber le tourisme. Ce qui nous arrange d'un point de vue "vacancier" (ah les plages désertes, la garantie de nourrir des liens véritables avec les locaux, et la sauvagerie du lieu !!!) est toutefois inquiétant pour les gens du village. Je m'inquiète de leur survie qui passe uniquement par le tourisme. L'absence de vacanciers, ça veut dire immédiatement que c'est la galère, et un méchant cercle vicieux qui s'instaure : pas de clients, donc pas d'achat de matière première, donc plus de fournitures, et des villages de bord de mer désertiques, presque fantômatiques. Restos fermés (ça va, ils sont gentils, ils les ouvrent exprès pour nous quand on débarque) et pour moi, l'espèce de culpabilité qui me conduit à doubler la "propina" que je leur laisse, tant ils me font peine.

 

Je discutais l'autre jour avec un ami qui travaille pour une ONG en Afrique, et ils font des choses merveilleuses. Je cherche le moyen d'aider vraiment les populations de chez moi, de les extraire à cette main-mise du tourisme qui ne leur garantit l'existence que 3 mois par an (de décembre à mars), mais c'est difficile et je me sens bien seule. D'autant que là-bas, le gouvernement est tellement corrompu que c'est difficile de "monter" quelque chose. Ce n'était pas un hasard si j'ai choisi une des provinces les plus indiennes pour m'installer. Mais je dois aussi admettre que tout y est plus difficile.

 

Dans tout ça, il y aura – bien entendu – le voyage au Chiapas (ma brunitude étant en cours, sauf que malgré ma teinture des derniers jours, les cheveux blonds commencent déjà à réapparaître, et qu'il faudra ce week-end procéder à une teinture plus catégorique, hum !) et je vous raconterai avec forces photos, promis.

On se reparle depuis mon chez moi ? Ok, ça marche… Hasta pronto, amigos !

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Une autre vision du Mexique...