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29 Mar

Petit bilan d’indianité mexicaine

Publié par Gracianne  - Catégories :  #Revue de Presse

Il y a bien longtemps que je ne vous ai pas fait un petit bilan sérieux de mon sujet d'étude privilégié. Voici quelques nouvelles marquantes, recensées au cours de ces derniers mois. Toutes les photos sont issues de "mon album personnel".

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CULTURE INDIGENE

 

La secrétaire d’Etat à la culture, Cora Amalia Castilla, a remis une reconnaissance à Plácida Kan Kinil, pour avoir obtenu  le Prix Régional de Conte en Langues Indigènes 2010. Le texte, écrit en langue maya, s’intitule « Pichib » et s’est illustré à Quintana Roo.

Les autres prix ont été attribués à :

Maria Jiménez (Tabasco) pour « La huesuda » écrit en chol,

Marceal Méndez (Chiapas) pour « El hijo del rayo » écrit en tzeltzal,

Vicente Canché (Yucatán) pour « Sequia » écrit en maya,

José Aguilar (Quintana Roo) pour « Bajo el arbol » écrit en maya,

De fait, ainsi que le rapporte Fernando Benítez dans son œuvre « Les Indiens du Mexique », la reconnaissance et la récupération des cultures préhispaniques d’Amérique est un phénomène relativement récent.

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JUSTICE

 

La décision a été prise pendant l’ENLM (encuentro nacional de las lenguas maternas) de Chichén Itzá. Désormais, le pouvoir judiciaire de l’Etat du Yucatán autorisera les membres de l’INALI (Institut National des Langues Indigènes) à servir d’experts accrédités en langues indigènes, et donc de traducteurs, dans les procès. Ceci pour une garantie envers les indigènes de l’Etat qui sont confrontés à des accusations et jugements à leur encontre.

bolo

ENFANCE

 

C’est le signal d’alarme qui fait peur. Depuis trois ans, la traite de fillettes indigènes a augmenté de façon « alarmante ». Pourquoi elles surtout ? Parce que leurs disparitions passent inaperçues (peu d’intérêt des pouvoirs publics), qu’elles parlent des dialectes non compréhensibles partout, et ont été éduquées pour « être dociles ». Sur 60 disparitions recensées, 10% concernent des enfants issues de « minorités ethniques », or les indigènes ne représentent que 7 à 10% de la population globale, ce qui augmente insidieusement le chiffre de proportion. Un autre souci relevé par cette « alerte » : les fillettes grandissent dans des systèmes patriarcaux, où les femmes n’ont pas de valeur, et sont vendues par leurs propres pères.

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GENOME AMERINDIEN

 

Marta Menjivar, de l’UNAM, l’assure : le système de santé doit considérer que la population mexicaine possède un « génome amérindien ». Cette considération permettrait de comprendre certains problèmes nationaux de santé, tels que la prédisposition au diabète ou à l’obésité, qui touchent en particulier la population métisse mexicaine. Ainsi, des études réalisées indiquent que le Mexicain moyen s’illustre par 70% de composants génétiques indigènes, 25% caucasien, et 5% de gène africain.

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LANGUES INDIGENES

 

Au Mexique, on note la disparition de 19 langues indigènes. La population ethnique qui les utilise vieillit chaque année, et si les jeunes générations comprennent l’idiome maternel, ils ne communiquent plus en langue indigène entre eux.

Raisons à cela : les migrations pour trouver un emploi, l’adoption de l’espagnol et son « assimilation » à la modernité, font que beaucoup d’indigènes abandonnent ou même n’apprennent plus leur langue « maternelle ».

Le dernier recensement réalisé en 2010 par l’INEGI rapporte l’existence de 89 langues indigènes, parmi lesquelles 9 sont parlées par moins de 10 personnes, et une autre dizaine seulement parlées par une centaine de personnes. Les langues proches de l’extinction sont : le chinanteco (Lalana), le popoluca (Oluta), le popoluca de Texistepec, le zapotèque (El Rincon), le chinanteco de Sochiapan, le papabuco.

16 autres idiomes ne sont parlés que par un millier de personnes : le paipai, le kumial, le cucapá, le cakchiquel, le quiché, le jacalteco, l’ixcateco, le seri et le pápago, ou le kikapú.

Le nahuatl est la langue indigène la plus parlée (1.5 millions de personnes), suivi du maya (786.000 personnes), et du mixtèque (Oaxaca, 472.000 personnes). Viennent ensuite le tzeltal et le tzotzil (Chiapas), ainsi que le zapotèque (Oaxaca et Veracruz). 

 

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Christine 30/03/2012 09:32

Photos splendides, merci Gracianne, elles apportent une touche de douceur, quel contraste avec le contenu des articles...

Coïencidence ou pas de votre part ces alertes sur la perte de langues indigènes à la veille de ces rassemblements nationaux autour de ratification de charte sur nos langues régionales... évidemment
je ne me permettrais pas de comparer la source des problèmes des mexicains, voire souffrances, à nos "petites" revendications linguistiques mais ces nivellements pour la reconnaissance d'une seule
langue au nom de la "modernité", "mondialisation", et la négation d'une richesse pluriculturelle, commencent à m'agacer (et je reste polie)...
Merci de continuer à tenir à jour ce blog, c'est important.

Gracianne 30/03/2012 19:21



Merci Christine, c'est vrai que j'ai, moi aussi, fait le rapprochement entre les deux sujets... Le fond est bien le même, et vous l'expliquez parfaitement bien... Mille bises.



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