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24 Apr

San Andrès Tuxtla, Tlacotalpan, Veracruz

Publié par Gracianne  - Catégories :  #Carnets de voyage - créations

San Andrès Tuxtla

 sanandres_0001.jpg

Le Routard jurait qu’ils faisaient des cigares presque aussi bons que des cubains. Alors l’Homme voulait y aller. A peine garés, un type voit que l’Homme tient un cigare à la main. Il l’apostrophe : « Hey, tu aimes les cigares, tu es au bon endroit, les meilleurs cigares sont ici ». Je lui réponds que « oui, certainement, hormis qu’on est dimanche, que tout est fermé, et que ce bled est mortellement à l’abandon aujourd’hui ». Le vieux ne se démonte pas : « Si, si, moi je connais un mec qui les fabrique chez lui, si tu veux, je t’amène ». En France, j’aurais eu la trouille d’un psychopathe, ici l’idée ne me vient même pas à la tête. Hop, il vient dans notre voiture. Nous voilà partis. On se gare dans un cul-de-sac, un peu genre coupe-gorge, mais j’ai dit que je n’y pensais pas… Notre nouveau copain voit ma tête un peu inquiète, et m’assure que ça ne craint pas du tout. Terre battue, baraques en tôle, délabrées, et tout au bout, effectivement, un type dont la famille fait des cigares pour les « grosses fabricas » du coin. Un écureuil en cage (ardilla), très copain avec un lapin blanc. Je les regarderais pendant des heures. Il y a là une mamie gentille, un vieil homme sourd qui roule les cigares. Il en finit un et le tend à l’Homme, qui le déguste, et fait tomber son verdict : « TRES bon ». Donc, on en achète pour 300 pesos (20 euros), soit 5 pesos le cigare. Et pour moi, le vieux monsieur en fait un petit à la vanille. Il le trempe dans la vanille liquide. C’est magique, on en mangerait. Ca parfume les doigts. En revanche, en bouche, c’est un peu écoeurant. Je n’ai pas réussi à le fumer (limite vomir !). Douglas Kennedy dit dans ses livres que la vanille est sans saveur. Qu’il vienne à San Andrès Tuxtla, il changera d’avis !

 

Tlacotalpán

 tlacotalpan

La Venise mexicaine, enfin ! Classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Une longue route qui longe la lagune, des maisons sur pilotis, avant d’arriver dans la ville construite par les conquistadors. Magnifique ! Un mini Oaxaca. La lagune et les moustiques en plus. Très beau, vraiment. Un endroit hors du temps (c’est dû aux bâtiments d’influence hispanique mais aussi au fait que la lagune isole du reste du monde).

iglesia2

Ce soir, repas sur le zocalo, et puis voir les vieux danseurs de danzón. Trop la classe ! Chaussures blanches, pantalon blanc, chemise mexicaine brodée. Whaou. Les femmes s’assoient sur un banc, signe qu’elles vont accepter de danser. Les hommes n’ont plus qu’à aller les chercher, elles acceptent aussitôt. On dirait qu’ils glissent sur le sol. Leurs hanches ondulent. C’est très beau. Je me mets dans un coin, et ne peux pas résister à essayer de reproduire les pas. Un vieux monsieur vient alors m’inviter à danser. Je crois que je rougis salement. Délicieux moment, il guide bien, et m’explique que danser tous les soirs lui permet de repousser la mort. Il se sent vivant tant qu’il danse. J’imagine que ses journées ne sont que l’attente du moment de se préparer, le soir venu, pour aller danser sur la place. Il faudra que je l’utilise comme personnage de roman, il en vaut la peine.

Le lendemain matin, délicieux petit déjeuner avec le serveur qui n’arrêtait pas de papoter. Quelques gouttes de pluie au moment de partir, qui, les jours suivants se sont transformées en déluge. La ville a dû être évacuée (plus d’un mètre d’eau), ses habitants relogés à Veracruz. Beaucoup de dégâts. Quelle tristesse. Où ira danser mon vieux monsieur ?

iglesia tlacotalpan

 

16/08/2010

 

Veracruz

 

Je m’en faisais une fête, la ville d’arrivée au Mexique de Cortès ! Avoir fait tant de route pour ça ! Au bout de deux heures dans cette ville toute moche, j’ai préféré m’en aller. Juste le temps d’acheter une petite robe à Frida (la petite fille de Pepe), des gousses de vanille à rapporter en France, et de boire un café à La Parroquia (l’endroit à ne pas louper selon Pepe). Trop cher ! La pluie malgré les 25 degrés. L’horreur du lieu. Reprise de la route en sens inverse pour dormir ce soir à Coatzacoalcos. Tout aussi moche mais au moins plus chaud.

 

 

Prochaine étape : Villahermosa-Palenque, suivi de Bonampak et la rencontre avec les derniers Lacandons...

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coco 18/11/2013 14:33

allez je reprend ton blog demain ,la mon bout de choux le mexique il s'en fou hihiih ,tu me rassure ca parait bien tout cela

Gracianne 18/11/2013 17:11



comment ? il n'est pas encore fan absolu ? bouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu (lol)



Christine 25/04/2012 19:36

Et on te suit Gracianne, pas de problème.. j'ai quasiment le même ressenti qu'en lisant Alexandra David Neel... A très vite pour la suite hein ?
;-)

Gracianne 25/04/2012 19:56



Alors là, grand compliment, Alexandra David Neel, grande dame ! La suite dès demain, si tout va bien, et il me tarde déjà de raconter l'épisode des Lacandons, qui est certainement mon plus beau
souvenir du Mexique !



Dominique 25/04/2012 18:27

J'adore cette chronique, bien écrite, vivante, alerte, du vécu, mais j'ai un autre regard du Veracruz que j'aime bien, son zocalo le soir, son bord de mer, et et le fortin à visiter Nous y avons
séjourné qq jours

Gracianne 25/04/2012 18:37



Ah mais j'adore l'idée que tu aies aimé, là où je suis passée à côté. Je regrette encore... Je m'en faisais une telle joie (je le sais pourtant qu'il ne faut jamais sublimer les lieux à l'avance
!)...



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